L'indépendantiste
Héritage
Ma chanson veut encore parler
Mon français ne veut pas crever
Dans mille ans je serai encore là
Pour faire mentir tous les Judas
Mon ouvrage restant au métier
Tout le monde peut y travailler
Pour mes derniers dans le trousseau
Je tisse ce qu'il y a de plus beau
En jouant encore sur les mots
Je veux laisser à mes marmots
Le papier pour les conserver
Félix-Antoine le savait
Un grand tableau sur mes tréteaux
J'y mettrai l'âme qu'il nous faut
Pour y peindre le temps qu'il fait
Dans le coeur de tout Québécois
Avec le reste des couleurs
J'y dessinerai la douleur
Des patriotes qui sont partis
Sans avoir connu leur pays
Alyre Potvin chante le Québec en sol majeur: chanter engagé
63 ans sonnant, une fougue souverainiste intacte, la poésie nourrie à l'auge des convictions, Alyre Potvin propose un premier opus en forme d'hommage au pays. Parce que le Québec ne sera jamais un sol mineur.
« Le texte engagé aura toujours sa place », soutient le « jeune » auteur-compositeur-interprète lorsqu'il présente son disque fraîchement gravé. Une dizaine de compositions y côtoient deux interprétations, dont la chanson thème revisitée du festival folklorique de Baie-Saint-Paul dont il fut le directeur les deux dernières années et l'indémodable « Les gens de mon pays » de Gilles Vigneault.
« Les gens d'ici me connaissent, j'ai brassé pas mal dans le temps.... le Club des ouaouarons, le Club Alexis le trotteur... J'ai chanté au Tyrolien, au Genèvrier. Dans ma famille, tout le monde jouait d'un instrument de musique, ma mère chantait. Je n'ai jamais fait de carrière, mais je chante mes chansons sur une base régulière », explique le chanteur.
Afin de mettre en musique les textes écrits au cours de 20 dernières années, M. Potvin s'est allié Lise Otis, de même que les arrangeurs de renom Réjean Yacola et Gilles Léveillée. Conscient de la relative marginalité du ton « chansonnier » qu'il adopte, M.Potvin ne s'inquiète pas: «je n'avais pas envie de faire du nivellement par l'uniformisation pour jouer le jeu des radios. Les gens me disent qu'ils aiment ce style et qu'ils n'ont pas assez l'occasion d'en entendre. »
Indépendantiste « pur et dur » quelque peu déçu par la mollesse actuelle des militants, Alyre Potvin sème ses convictions dans au moins trois de ses chansons. «La capacité de s'indigner, c'est encore à la mode! L'important, ce n'est pas que de dénoncer, mais aussi d'apporter des idées nouvelles », croit-il.




